Remember January : Chapitre 2

Voici enfin le chapitre 2 de mon roman, on y découvre un lieu emblématique pour la narration ainsi qu’une bonne partie des personnages importants. N’hésitez pas à me donner votre avis.

Chapitre 2 :

Make your own kind of music

 Juna n’eut pas le temps d’analyser la situation car Eero se retourna immédiatement pour lui présenter les deux personnes qui l’accompagnaient. Il s’agissait d’Ethan et de Kristen, deux participants du programme Initiative dont il semblait être plutôt proche. Tous les trois portaient une veste d’uniforme grise qui avait dû être conçue spécifiquement pour les participants. Juna remarqua le drapeau Australien sur l’épaule droite d’Ethan et de Kristen, tandis qu’Eero arborait le drapeau Américain.

–          Ce sont les deux jumeaux de l’équipe, annonça t’il.

–          Faux jumeaux, précisa le garçon avec un sourire, tandis qu’il tendait sa main à Juna pour la saluer.

Le frère et la sœur avaient tous les deux une taille similaire avoisinant le mètre soixante-quinze, selon une estimation de Juna en comparaison à son mètre quatre-vingt. Aucun des deux ne représentait le cliché du surfeur australien, à l’exception peut-être des longs cheveux blonds de Kristen et du sourire ultra bright mais naturel d’Ethan qui leur conféraient à tous les deux un côté charmeur non revendiqué. Le duo représentait toutefois un cliché, celui des jumeaux inséparables jusque dans leur vie professionnelle, car ils effectuaient tous les deux un master de sciences biologiques à l’université Western Australia et partageaient le même sujet de thèse dans l’étude de la faune et la flore sauvage.

Après cette présentation rapide, Eero invita Juna à entrer dans le bâtiment central appelé la Coupole. Malgré la présence d’un toit en verre, la pièce n’était pas étouffante de chaleur comme dans une serre. La Coupole était composée d’une unique et immense pièce circulaire baignée de lumière et dont le dôme en verre pouvait moduler son opacité afin de réguler l’entrée du soleil. Des bureaux occupaient l’entièreté de la pièce et étaient disposés en trois cercles labyrinthiques à l’image d’un jeu du piscou magazine ou d’un exercice pour rat de laboratoire. Cette organisation permettait, selon Ethan, de favoriser le partage et la collaboration entre les équipes qui pouvaient facilement échanger en se déplaçant d’un cercle à l’autre. Juna reconnu que l’architecture était originale mais préférait tout de même, intérieurement, l’intimité de sa bibliothèque. Kristen et Ethan retournèrent à leur emplacement qui était situé sur le cercle extérieur du labyrinthe, non loin de l’entrée principale. Eero dirigea alors Juna vers le deuxième cercle sur son propre poste de recherche.

–          C’est ici que January et moi effectuons nos analyses et nos rapports quand nous ne sommes pas sur le terrain, présenta succinctement Eero.

Juna devina directement qui occupait chacun des deux postes de travail. Celui d’Eero n’était composé que d’un ordinateur, d’un bloc note et d’un stylo. Toutes ses affaires étaient positionnées de façon symétrique, comme s’il s’agissait d’une mise en scène pour une maison témoin. La place d’à côté, elle, laissait penser à l’œuvre d’un chercheur fou. Plusieurs tas de terre étaient éparpillés, tout comme des photos polaroid probablement prises sur l’île et des post-it qui affichaient des prises de notes énigmatiques telles que « au nord des bananes » ou encore « pirates échoués ? ». Pas de doute possible, il s’agissait du bureau de January.

Si leurs méthodes de travail semblaient être opposées, Eero et January partageaient un trait de personnalité qui les avait rapproché à l’université : l’intérêt quasi obsessionnel qu’ils portaient à leur domaine d’étude. Si chez January cela se traduisait par un individualisme prononcé, le cas d’Eero était plus psychologique, selon ce que Juna avait pu observer. A l’inverse de January, Eero ne faisait pas passer ses recherches au détriment des personnes qui lui étaient proche, il n’était tout simplement pas proche de beaucoup de monde. Juna se souvenait du temps qu’il avait fallu à January pour attirer son attention et si elle-même l’avait déjà fréquenté à plusieurs reprises lors de repas et soirées avec sa sœur, il ne s’était jamais vraiment intéressé à elle. Les relations humaines lui semblaient certainement superflues et il n’interprétait pas le vivre en ensemble comme tout le monde. Son apparence physique reflétait bien cet aspect de sa personnalité. S’il correspondait à l’archétype du Viking norvégien sur le papier : grand, des yeux bleu éclatants et des cheveux blonds à en rendre jalouses certaines. Ni sa longue barbe non entretenue, ni sa garde-robe passe-partout (pantalon brun clair, t-shirt blanc, baskets usées à la moelle) ne venaient le mettre en valeur. Seule coquetterie qui étonnait toujours Juna : ses cheveux toujours impeccables, court sur le côté et mi long coiffés en arrière sur le dessus.

Juna se tourna vers Eero, il était temps pour elle d’avoir plus d’explications sur le comportement de sa sœur. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, l’habitude peut-être, mais elle avait le sentiment que tout n’était pas aussi simple que ce qu’Eero lui avait expliqué à l’extérieur.

–          Dis-moi la vérité. Quelle mouche a piqué January pour qu’elle se soit enfuie du campement, justement le jour où je devais arriver ?

–          Ne dramatise pas, temporisa Eero, elle ne s’est pas « enfuie », tu la connais mieux que moi. Quand elle a une idée en tête, il est difficile de lui faire changer d’avis. Elle ne voulait pas quitter l’île sans avoir finalisé ses recherches. Je crois qu’elle a profité de la panique durant le tremblement de terre pour filer à l’anglaise, ajouta-t-il, impassible.

–          Je croyais justement que c’était toi qui devais rester pour poursuivre les recherches, dit Juna sur un ton accusateur.

–          Ce n’est pas aussi simple, January et moi partageons bien le même sujet de recherche, mais nous sommes partis sur deux théories différentes, expliqua le jeune homme.

–          Si elle ne voulait pas partir, elle n’avait qu’à le dire au lieu d’agir égoïstement en me faisant venir dans ce trou paumé pour rien, s’impatienta Juna.

–          Elle…

Juna, sûrement épuisée par le voyage et excédée par la situation, ne laissa pas Eero poursuivre et haussa le ton, suscitant d’autant plus l’intérêt de Kristen et Ethan qui faisaient semblant de se concentrer sur leurs travaux depuis le début de la conversation.

–          Comme d’habitude tu es incapable de lui refuser quoi que ce soit. Je suis sûre que tu savais ce qui se passerait. Je ne suis pas votre patin !

–          Tu n’as pas de leçons à me donner en termes de relations avec January. Je te rappelle que cela doit faire six mois que vous ne vous adressez plus la parole. Et là, sur un simple coup de file, tu traverses le monde pour elle, répondit Eero avec calme mais conviction.

Juna fût renvoyée face à ses propres contractions. Effectivement, si elle reprochait à Eero son manque de libre arbitre dans sa relation avec January, elle aussi en avait certainement manqué sur ce coup-là. Eero profita de l’hésitation de Juna pour poursuivre :

–          Juna, crois-moi, ta sœur, est vraiment malade, il y a des jours durant lesquels elle se sent mieux, mais la fièvre qu’elle a contractée refait surface de façon régulière et la paralyse littéralement dans son lit. Et si elle a, comme je le pense, fait le choix de partir seule en expédition dans son état, personne ne l’avait vu venir, même moi, mais libre à toi de croire ce que tu veux.

–          Ce qui est arrivé est arrivé, fini par concéder Juna. Mais crois-moi, même souffrante, elle va passer un sale quart d’heure quand elle se pointera de la jungle.

Juna était remontée contre sa sœur, mais cette colère était toutefois mêlée d’inquiétude. Un sentiment qu’elle se garda bien de partager avec Eero, ne voulant pas montrer un signe de compassion pour une sœur qui n’avait récemment pas eu beaucoup d’égard envers elle. Si January était vraiment mal en point, pourquoi avait-elle décidé de s’aventurer seule sur l’île ? Que risquait il de lui arriver si la fièvre s’intensifiait à nouveau tandis qu’elle se trouvait toute seule ?

Juna décida qu’il n’était pas judicieux de se mettre Eero plus à dos qu’à l’ordinaire, surtout si elle voulait compter sur lui pour pouvoir quitter cette île rapidement. Fatiguée par le voyage, elle lui demanda de lui indiquer sa chambre, afin qu’elle puisse prendre une douche, se changer et pourquoi pas piquer un somme.

Juna n’était pas au bout de ses surprises lorsqu’Eero lui présenta le dortoir. Surement pour les mêmes raisons qu’il n’y avait qu’un seul espace de travail ouvert, tous les chercheurs, hommes et femmes étaient invités à partager un même espace pour dormir. Juna ne compris pas l’intérêt de la chose, surtout si comme pour January et Eero, d’autre groupes de chercheurs avaient eu la brillante idée de se mettre en couple.

–          Espérons que les douches soient individuelles, adressa-t-elle ironiquement à Eero, qui ne confirma pas.

Ce dernier lui indiqua l’emplacement d’un lit d’appoint, qui se trouvait au fond de la pièce à côté de celui, deux fois plus grand, qu’il partageait avec January. Juna songea qu’il aurait pu lui laisser le grand lit, mais ce n’était pas vraiment dans la nature d’Eero de penser à ce genre de choses. Il lui fournit tout de même des affaires de toilette et lui indiqua la porte du fond comme étant la salle de bain. Il s’éclipsa alors, pour tenter d’aller faire le point sur la situation avec les autres membres du programme qui n’allaient pas tarder de rentrer.

Juna déposa son sac par terre et se laissa tomber sur le lit. Elle n’avait pas apporté grand-chose, une tenue de rechange, un pyjama, son casque et deux livres. Elle songea en tournant la tête vers le lit de sa sœur, qu’elle n’allait pas se gêner pour lui emprunter ses affaires. C’est ce qu’elle fît après s’être douchée à son soulagement dans l’une des trois cabines de douches individuelles. Bien qu’ayant seulement deux ans de plus et des mensurations pratiquement équivalentes de celle de Juna, January n’était pas vraiment le genre de sœur avec qui l’on échangeait ses vêtements. Tout en enfilant une robe blanche de January, Juna pensa que ce serait une punition supplémentaire pour sa sœur, si toutefois elle le remarquait.

Une bonne heure devait s’être écoulée lorsque Juna sorti du dortoir pour se rendre dans la Coupole. Les autres membres de l’équipe devaient être revenus car une dizaine de personnes étaient installées autour du bureau central et menaient une discussion passionnée qui s’interrompit à la seconde où la porte du dortoir claqua en se refermant quelques pas derrière Juna. Tous les regards se tournèrent vers elle. Une jeune femme aux cheveux mi-longs rouges se dirigea alors vers elle en se frayant rapidement un chemin au travers du labyrinthe bureautique.

–          January ! Tu es revenue s’écria-elle avec soulagement.

Juna ne sut pas s’il il s’agissait simplement de la robe ou si elle ressemblait vraiment tant que ça à sa sœur, mais visiblement la jeune fille inconnue qui se précipitait vers elle les confondait toutes les deux. Passé l’effet de surprise, la jeune femme à l’accent anglais à couper au couteau se confondit en excuses.

–          Oh, tu dois être Juna, je suis désolée, dit-elle, j’ai cru que January était rentrée, tu lui ressembles beaucoup. Eero vient de nous apprendre qu’elle s’était à nouveau éclipsée sans prévenir.

La fille qui venait de confondre Juna avec sa sœur s’appelait Mylène Cota, elle était un membre de l’équipe Française, qui avec son binôme Mélanie, étudiait les sciences de la mer et du littoral à l’UBO, l’université de Bretagne occidentale, au nord-ouest de la France.

Mylène invita alors, d’un signe de la tête, Juna à se joindre au groupe. La discussion animée était sans surprise axée sur les événements de la journée. Chacun se plaignait sans véritablement écouter ce que les autres avaient à dire. Juna compris que le groupe semblait regretter le départ précipité de plusieurs membres de l’expédition, à l’instar du personnel d’entretien et de cuisine, d’une partie des organisateurs ainsi que Shigeru et Sun, l’équipe de recherche spécialisée dans la sismologie. Juna se rappela ce que Lenno lui avait raconté sur la plage au sujet des sismologues qu’il accusait d’avoir provoqué le tremblement de terre. Elle songea qu’ils avaient dû probablement être les plus touchés par l’événement et ne fut pas surprise par l’annonce de leur départ. Ce qui n’était visiblement pas du tout le cas des autres personnes autour d’elle. Antonio, un membre de l’équipe Brésilienne qui étudiait la vulcanologie, était visiblement agacé et pointa du doigt l’égoïsme du couple Japonais-Coréen dont les recherches semblaient être liées de près aux siennes. Tous semblaient embrasser le point de vue du jeune homme, seule Mélanie, défendit quelque peu leur départ en évoquant la blessure de Shigeru. Antonio lui répondit qu’il ne semblait pas si mal en point que ça et que January avait fait preuve de plus de courage en continuant ses recherches malgré sa fièvre. Juna avait l’impression d’avoir devant elle des copies conformes des caractères de sa sœur et d’Eero. Visiblement, pour être le meilleur dans sa discipline, l’empathie n’était pas une qualité indispensable.

Ethan, qui s’était éclipsé dans la cuisine située à côté du dortoir, depuis une dizaine de minutes, apparu dans l’entrebâillement de la porte coulissante pour annoncer que le repas était prêt.

La discussion se poursuivi alors à table et dériva naturellement sur January. Personne ne semblait vraiment être inquiet pour la jeune femme. Visiblement, ce n’était pas la première fois qu’elle faisait faux bond aux équipes. Chacun avait toutefois sa propre opinion sur les raisons qui avaient poussé l’apprentie archéologue à s’enfuir en douce. Certains comme Antonio et David semblaient persuadé que January était partie pour poursuivre ses recherches en solitaire, comme cela était déjà arrivé plusieurs fois bien avant qu’elle ne contracte la fièvre. Les deux Françaises, elles, se montraient plus inquiètes.

–          Pourquoi January serait-elle partie en laissant derrière elle la moitié de son équipement ? questionna Mylène l’air sérieux.

Ethan rebondit sur ce mystère pour évoquer sa propre théorie, plus fantaisiste, selon laquelle January se serait échappée pour rejoindre son « nouvel ami ». Le jeune australien pensait sûrement piquer à vif Eero, qui fidèle à lui-même resta de marbre. Cette hypothèse suscita toutefois l’attention de Juna, qui demanda des explications.

–          January a sympathisé avec un jeune autochtone amérindien qui lui a servi de guide dans ses recherches, informa Ethan en fixant Eero avec un sourire.

Visiblement, lui aussi avait dû remarquer le manque de sensibilité d’Eero et tentait de susciter chez lui des réactions spontanées.

–          Est-ce qu’il ne s’appellerait pas Lenno par hasard ? interrogea Juna, intéressée. C’est un amérindien qui m’a escorté jusqu’au campement aujourd’hui. Il avait l’air de vous connaître, et m’a fait comprendre que vous ne l’appréciez pas beaucoup.

–           Eh bien ! En voilà un qui a la côte avec les sœurs Ray ! s’exclama Ethan, du tac au tac, avant de reprendre. C’est bien lui en effet, mais en réalité seulement une partie de l’équipe a une dent contre lui.

–          Il se prend pour le gardien du temple sur cette île, intervint David. Il n’apprécie pas trop que nous les vulcanologues et que l’équipe de sismologue aillent faire des mesures un peu partout. Il a surement peur que nous réveillions le volcan ou quelque chose du genre, continua-il en levant les yeux au ciel.

–          Il n’a pas vraiment eu tort sur ce coup-là, avec le tremblement de terre de ce matin, lui fit remarqué Juna en terminant sa fourchette de pates.

Cette intervention suscita quelques rire côté français et australien, quelques crispations du côté brésilien ainsi qu’une indifférence totale de la part d’Eero qui avait fini son assiette le premier et visiblement attendait que tout le monde en fasse autant. Quand ce fût le cas, chacun débarrassa son assiette dans l’évier avant que Kristen ne fasse remarquer qu’il n’y avait désormais plus de personnel de ménage sur le camp et recruta d’un ton ferme Mélanie et David pour l’aider à tout laver.

Il était à peine vingt et une heure mais visiblement tout le monde avait envie de se coucher après une journée forte en émotion. Tous se retrouvèrent dans le dortoir commun. La conversation se poursuivi pendant plusieurs dizaines de minutes au sujet du l’avenir du programme, de la cause du tremblement de terre et de l’endroit où pouvait bien se trouver January. Eero annonça qu’il partirait à sa recherche dès le lendemain matin. Juna insista pour qu’elle puisse l’accompagner, soutenue par les faux jumeaux et fini par s’endormir, las d’écouter le groupe se plaindre du retard pris dans leurs importants travaux.

–          Je peux aller jusqu’au bout de la rue ?

–          Oui ma chérie, mais fait attention aux voitures qui peuvent arriver en face.

La fillette saisie son vélo rouge, l’enfourcha avec conviction et pédala droit devant elle, sans un regard pour son père.

Le vélo lui procurait une sensation de liberté et un sentiment d’indépendance exaltant, elle fermait les yeux par intermittence pour ajouter un soupçon de frisson à son voyage jusqu’au bout de la rue.

–          Un, deux, trois, quatre, cinq.

Elle avait parcouru quelques mètres à l’aveugle. Gagnant en confiance, elle tenta cette fois-ci de tenir jusqu’à dix. « Un, deux, trois, quatre », son vélo tanguait un peu mais elle ne se découragea pas, « cinq, six, sept », il lui devint difficile de garder l’équilibre, « huit, neuf », elle ne put terminer de compter, car son vélo venait de se renverser sur le côté. Elle entendit son père crier. Elle ouvrit les yeux et constata qu’elle n’avait pas perdu l’équilibre à cause de son défi. Tout autour d’elle s’était mis à trembler avec une force incroyable. Des tuiles détachées du toit des maisons alentours s’échouaient tout autour d’elle sur la route comme une pluie de grêlons. Sa témérité d’il y a quelques minutes s’évapora en un instant et elle se mit à pleurer, se protégeant la tête avec ses bras, tandis que son père courait en sa direction.

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