Remember January : Chapitre 3

J’ai décidé de commencer à rédiger des chapitres plus courts afin de pouvoir en publier de façon plus régulière et de donner un rythme un peu plus soutenu à l’histoire.

Chapitre 3 :

Roar

Juna se réveilla avec sursaut, elle était en nage, comme si elle venait de courir le marathon de New York. Elle réalisa, après quelques secondes de flottement, qu’elle venait de faire un cauchemar mais avait du mal à se souvenir des détails hormis d’un tremblement de terre. Son rêve lui avait semblé si réel qu’elle pouvait encore ressentir les secousses. Elle songea avec ironie que son subconscient était peu imaginatif.

Elle regarda sa montre, il était cinq heure trente. Trop énervée par son réveil brutal, elle savait qu’elle n’arriverait pas à se rendormir pour profiter d’encore quelques heures de sommeil dont elle avait pourtant besoin. Personne d’autre dans le dortoir ne semblait réveillé, elle se leva donc discrètement, alla se laver les dents puis se posa à l’extérieur sur une chaise longue placée près de l’entrée principale du bâtiment. L’air était vif et un calme olympien régnait sur l’île. Elle but une gorgée du chocolat chaud qu’elle s’était préparé dans la cuisine et scruta autour d’elle, songeuse. Où pouvait bien se trouver actuellement January ? Etait-elle seule ?

Elle jeta un coup d’œil vers le ciel dont les étoiles s’effaçaient doucement à mesure que le jour se levait. January était-elle, elle aussi, en train de regarder ces étoiles qui s’évaporaient dans la lumière naissante ? Avait-elle besoin d’aide ou au contraire était-elle concentrée sur ses obsessionnelles recherches sans se soucier des autres ? Juna songea, en levant les yeux au ciel, que la seconde hypothèse était la plus probable.

Tandis que le soleil dépassait petit à petit la cime des arbres, les équipes émergeaient les unes après les autres. Mélanie et Mylène, les deux françaises, étaient les premières à s’être levé afin de profiter du niveau de la marée pour étudier ce que la mer avait pu rejeter sur la plage et effectuer le relevé de leurs sondes. L’équipe Brésilienne leur avait emboité le pas pour se rendre pendant deux jours au volcan de l’île afin de sécuriser leurs installations et analyser ce qui pouvait encore l’être dans le cas où les organisateurs d’Initiative prenaient la décision d’écourter le programme.

Il devait être sept heure et demi quand Eero sorti d’un pas assuré de la Coupole. Il aperçut Juna allongée et paru déçu. Il espérait surement pouvoir partir sans elle, mais visiblement son plan avait échoué.

–          Si tu n’as pas de chaussures de marche, il va être compliqué pour toi de m’accompagner, tenta t’il tout de même en soulignant du regard les pieds nus de Juna.

A cet instant, la porte d’entrée de la Coupole s’entrouvrit et une paire de chaussettes et de chaussures voltigèrent pour venir s’échouer aux pieds d’Eero. Visiblement, Ethan était lui aussi réveillé. Juna s’abstint de tout commentaire et se contenta de sourire avec insistance tandis qu’elle enfilait les chaussures.

Avant de se mettre en route, Eero, méthodique, expliqua à Juna le trajet qu’ils allaient effectuer en sortant une carte de son sac à dos.

–          Le campement est situé au sud-est de l’île, expliqua t’il en pointant la carte du doigt. January effectue ses fouilles plus à l’ouest. Nous allons donc longer la côte par la forêt pour nous y rendre.

Il ne laissa pas de le temps à Juna de poser les dix questions qui lui traversaient l’esprit et se mit à marcher en direction d’un sentier qui était situé à l’arrière du campement, agrippant de ses deux mains les bretelles de son sac à dos.

Au fur et à mesure de leur avancée, l’île continua d’assoir son extravagance aux yeux de Juna tant sa flore était hétéroclite. Les bouleaux aux troncs fins avaient rapidement laissé place à une végétation plus dense et tropicale. Juna manqua d’ailleurs de trébucher sur une liane.

Après une vingtaine de minutes de marche, Juna remarqua que le comportement d’Eero devint étrange, plus étrange de d’ordinaire en tout cas. Sa concentration semblait se dissiper petit à petit et la maladresse de Juna n’en était semble-il pas la cause. Eero commença à se retourner brusquement sans raison puis il se mit à scruter la végétation environnante de bas en haut comme s’il cherchait quelque chose. Il sembla finalement ne rien avoir détecter et Juna en profita pour le questionner sur la nature exacte des recherches qu’il effectuait avec January.

–          On est ici pour créer une cartographie de l’île présentant les différents peuples qui y ont habité ou qui s’y sont un jour arrêté, annonça-t-il, sans rien ajouter d’autre.

–          Merci pour tous ces détails, répondit ironiquement Juna, il va falloir que je note cette longue explication car je ne vais pas arriver à tout retenir…

Eero émis un grognement, visiblement si ses recherches l’intéressaient au plus haut point, les partager avec les autres n’était pas sa priorité. Bientôt le binôme fît face à une petite clairière perdue au milieu de la végétation à l’instar des trous formés par les enfants qui se laissent tomber sur le dos dans les champs de maïs.

Au centre de la clairière, la terre avait été creusée et une pelle était plantée dans le sol. Remarquant l’air interrogateur de Juna, Eero se décida toute de même à éclaircir la situation :

–          Pour pouvoir identifier et étudier les différents peuples qui ont un jour foulé la terre cette île, il faut tout d’abord en retrouver les traces. Je m’occupe de rechercher les vestiges témoignant de la présence d’êtres humains sur l’île comme des ruines d’habitations et January est en charge de détecter et analyser les ossements, dit-il calmement en regardant à nouveau autour de lui.

–          Tu veux dire qu’il y a des gens morts dans ce trou ? questionna-t-elle en s’en approchant, l’air curieux et dégouté à la fois.

N’obtenant pas de réponse, elle se retourna agacée vers Eero qui lui fît signe de ne plus parler. Ce dernier fixait à nouveau la végétation alentour d’un œil alerte. Les feuilles et les branches des arbres qui entouraient la clairière se mirent brusquement à bouger, comme si le vent s’était soudainement levé, mais ce n’était pas le cas. C’est alors qu’une masse surgie par surprise du feuillage du plus haut des arbres pour atterrir aux pieds de Juna. La jeune femme qui crue d’abord à l’attaque d’un prédateur poussa un cri aigu. Mais il n’en était rien, le fauteur de trouble était bien un être humain qui devait avoir un peu trop regardé des films sur la légende de Tarzan. Après avoir retrouvé son sang-froid, Juna le reconnu rapidement, il s’agissait de Lenno.

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